18.09.2026
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Vous souvenez-vous des cassettes mixtape et plus tard des CD ? Ces disques où des genres musicaux complètement différents cohabitaient sur un même support ? La BMW Série 5 Gran Turismo était un peu cela : elle mélangeait des idées issues de la Série 5 classique, du X6 et de la Série 7 en un seul véhicule.

Sur le papier, cela ressemblait à une recette gagnante, mais le modèle a échoué commercialement pour une raison très simple : la Série 5 GT s’est révélée trop bizarre pour la plupart des acheteurs.

Tout a commencé avec le coffre. BMW a conçu un hayon d’une complexité incroyable proposant deux modes d’ouverture. Vous pouviez relever l’ensemble du hayon pour obtenir un volume digne d’un break, mais dans ce cas, il aurait été plus logique d’acheter directement une Série 5 Touring.

Pour rendre la GT encore plus singulière, les ingénieurs ont ajouté un second jeu de charnières au milieu du hayon. Le résultat fut l’un des plus petits couvercles de coffre du segment, avec pratiquement aucune surface horizontale. Il s’ouvrait comme une fente étroite, rendant extrêmement pénible la récupération de courses ou de bagages ayant glissé vers l’avant.

Des solutions similaires existaient sur la Renault Modus et la Škoda Superb, mais BMW avait une idée fondamentalement différente. Ils ont créé un véritable compartiment de coffre séparé avec une cloison rigide, une poignée de déverrouillage d’urgence intérieure et un mécanisme complexe à trois sections.

En résumé, BMW a transformé un hayon en berline grâce à une cloison rigide. Cela paraît insensé, mais il y avait une logique : la partition et l’épais cache-bagages étaient conçus pour réduire les bruits provenant de l’espace de chargement afin que l’habitacle ressemble presque à celui d’une Série 7.

Et cela a fonctionné. La voiture pouvait être équipée du pack Luxury Rear Seating, qui transformait la GT pratique en un véritable véhicule de luxe à quatre places. Les sièges arrière n’étaient pas seulement chauffants et ventilés : ils disposaient de dossiers inclinables et d’appuie-tête à réglage électrique. Ajoutez un système de divertissement arrière et vous obteniez essentiellement une voiture de classe affaires sur roues.

Cette configuration avait du sens car la carrosserie atypique offrait un espace aux jambes arrière presque équivalent à celui de la Série 7 et une garde au toit comparable à celle d’un X5. Et tout cela était disponible même sur la 535i GT, permettant aux acheteurs d’éviter les problèmes notoires du V8 biturbo N63 et de se contenter du niveau de fiabilité habituel de BMW.

Le plus gros problème restait le style. Alors que le premier X6 paraissait étrange mais avait au moins une allure sportive, la Série 5 GT a repris la même idée de fastback, en ajoutant plus de verre, plus de métal et beaucoup moins de dramaturgie visuelle. Le résultat n’était pas tant laid qu’awkward et légèrement fade.

D’un autre côté, c’est précisément pour cette raison que les exemplaires d’occasion sont relativement abordables aujourd’hui. Et comme ils sont techniquement basés sur la BMW F10, ils restent d’excellentes berlines premium pour les longs trajets.

La BMW Série 5 GT reste un modèle véritablement énigmatique. Il est difficile de trancher : BMW a-t-elle transformé une voiture sensée en un modèle fou, ou a-t-elle transformé une idée folle en une machine étonnamment rationnelle ?

C’est comme une Série 7 dans laquelle vous pouvez charger un vélo, ou une Série 5 que quelqu’un aurait gonflée à la pompe. Quoi qu’il en soit, lorsque les voitures des années 2010 deviendront enfin des classiques, cette étrange et incomprise BMW sera très certainement l’une des plus discutées lors des futurs festivals rétrospectifs.

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